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C’est au fil de l’année 2001 que s’invente le projet Tumi and the Volume, dans le sillage des performances d’un MC au fameux flow, prolifique poète : Tumi Molekane. A Melville, quartier branché de Jo’Burg, tous les cafés ont une scène ou des platines. Les sons se métissent, s’interpellent, comme les couleurs de peau. Là se connecte la jeunesse décomplexée, cultivée, avide de nouveauté, d’un pays post-apartheid qui a appris à ne compter que sur lui-même. C’est au cœur de cette nexus que Tumi croise la route de deux membres de 340ml, fumeux combo local émargeant entre dub et reggae ; alors, les Mozambicains Tiago Paulo et Paulo Chibanga s’emparent respectivement de la guitare et de la batterie. Le quatrième larron, David Bergman, tâtant la basse. Tous trois ont l’habitude de jouer ensemble, backant au Bassline les passages live des MC’s, deux dimanches par mois. C’est l’un des lieux mythiques de la nuit à Melville. Tumi fait partie des invités récurrents, la rencontre naturelle débouche sur les premiers concerts, à Durban, Pretoria, Cape Town et Jo’Burg, tout au long de 2002.
La voix de Tumi, au grain instantanément reconnaissable, porte des textes puissants, conscients. Sous le régime de l’apartheid, la poésie fut une arme décisive, un vecteur de rébellion, d’engagement. Grâce à elle, scandée bien plus souvent qu’écrite, les messages pouvaient passer, les liens se tisser. Dans la culture urbaine d’aujourd’hui, ces traces sont restées, indélébiles. Tumi revendique aussi l’influence de Dambudzo Marechera, poète et romancier zimbabwéen décédé du sida en 1987, à 35 ans : l’une de ses plus fortes influences littéraires. Il sait aussi laisser de l’espace à d’autres : sur « Johnny Dyani », titre hommage à ce bassiste free sud-africain, c’est Keorapetse Kgositsile qui s’empare du micro. Tumi a parallèlement publié un recueil de ses poèmes, « The Black Inside Out ».Le son est hip hop, celui qui plonge ses racines dans le jazz, s’ouvre aux autres chapelles, qu’elles soient rock ou dub, et se joue live ; un hip hop s’inspirant des Roots comme de Miles Davis, et des Last Poets évidemment, dont l’un des membres fondateurs était, lui aussi, sud-africain.